En regardant l?investiture de Barack Obama à la télévision, Nicolas Sarkozy se demande comment reprendre la main.
Directeur de la Fédération des chasseurs de la Gironde depuis 1992 et nouveau maire du Porge, ce fils d?expatriés de l?Espagne franquiste est homme de nuances. Chasseur, oui, mais naturaliste. Elu, oui, mais pas politicien.
A bien y réfléchir, s?il devait se réincarner, ce serait sans doute en un de ces grands oiseaux migrateurs - oie sauvage, grue cendrée ou cygne -, dont certains spécimens ont déjà été repérés calés dans un jet-stream, sorte d?autoroute des airs, à plus de 8.000 mètres d?altitude ! Davantage encore que l?oiseau lui-même, c?est le « mécanisme de migration », en partie encore mystérieux, qui fascine ce barbu au regard doux. On ose la comparaison : sa vie aussi a débuté par une migration. Ou plutôt, une fuite. II a cinq ans lorsque ses parents, poussés par le vent violent du régime franquiste, laissent derrière eux leur ville de Vigo, en Galice, pour démarrer une nouvelle vie au Porge. Basile, le beau-frère de sa maman, Républicain réfugié, s?y était déjà installé, en éclaireur. A l?époque, Le Porge vit essentiellement de l?exploitation de la forêt, parcourue de voies de chemin de fer (aujourd?hui remplacées par les pistes cyclables) raccordées à la gare, depuis laquelle les scieries expédient leur bois jusqu?à Facture.
Jésus, le prénom n?est pas toujours facile à porter. Alors à l?école, pour désamorcer les plaisanteries des camarades de classe, il préfère qu?on l?appelle Manuel, son deuxième prénom. « Je n?ai pas été traumatisé », précise-t-il dans un sourire, fier à la fois de ses racines espagnoles et d?une famille qui a « su s?installer dans un pays inconnu ». A la maison, sitôt arrivés au Porge, on ne parlait plus espagnol, mais français. Signe d?une volonté forte de se fondre dans cette République d?accueil. Alors, même s?il n?est pas adepte des grands discours emphatiques, on peut penser que pour Jésus Veiga, le moment était symboliquement fort lorsqu?il a revêtu l?écharpe tricolore en mars dernier. Il n?est pas un leader naturel. Mais ses colistiers, il le dit lui-même, ont su le « pousser » sur le devant de la scène.
Au terme d?un scrutin marqué par l?un des plus forts taux de participation de ces élections municipales médocaines, la liste « Ensemble pour le renouveau du Porge » déloge l?équipe du maire sortant, Alain Deyres. Entre eux, les relations ne sont pas au beau fixe. Un an et demi après avoir été élu, en 2001, premier adjoint en charge des finances auprès d?Alain Deyres, Jésus Veiga claque la porte de la majorité municipale, arguant que le contrat de confiance est rompu. En cause, dit-il, la promesse non tenue par le maire de se séparer de la secrétaire de mairie, qui se trouve être sa s?ur. L?intéressée est devenue directrice générale des services (DGS) avant les élections de mars dernier. Mais le nouveau maire l?a dessaisie de ses fonctions et a entrepris son remplacement.
Quelques mois après une défaite qu?il digère du mieux possible, Alain Deyres se dispense d?émettre des jugements sur son successeur. Trop tôt pour juger son action. Tout juste évoque-t-il des conseils municipaux selon lui trop expéditifs. L?air de dire que la discussion n?y a pas suffisamment sa place. Pourtant, inspiré par « la démocratie participative à la québécoise », Jésus Veiga s?est fixé comme priorité d?apporter plus de transparence dans la gestion municipale, « ce qui manquait le plus avec mes prédécesseurs ». Autrement dit, « redonner aux gens le goût d?entrer dans la maison commune », la mairie, qui fut, d?après lui, trop longtemps cadenassée. Pour le reste, la marge de man?uvre est étroite en matière de projets et de développement économique, pour cette commune charnière entre la presqu?île médocaine et le bassin d?Arcachon. Les éoliennes ? Une manne économique prometteuse aux yeux d?Alain Deyres. Un miroir aux alouettes selon Jésus Veiga, qui n?a jamais fait mystère de sa position sur ce sujet : c?est non. La priorité, explique-t-il, est de faire face à un budget de fonctionnement très lourd (en raison de personnels municipaux nombreux), heureusement contrebalancé par les deux ballasts que sont les budgets annexes « forêt » et « camping municipal ». Le tourisme ? Rien de comparable avec la fréquentation de stations comme Lacanau ou Carcans. Si Le Porge a sa fenêtre océane, les estivants y viennent essentiellement à la journée. C?est la plage la plus proche de Bordeaux. Et si le boom démographique est réel, il n?est pas suffisant pour avoir la folie des grandeurs, et doit s?accompagner d?une mise à niveau des services et des infrastructures pour une population essentiellement salariée dans l?agglomération bordelaise. Bref, l?équation n?est pas aisée pour la nouvelle équipe municipale.
Dans une lettre périodique et courageusement anonyme (« La gazette officielle de Sabarotus Henricus Ier »), circulant sous le manteau et tapant à bras raccourcis sur le président de la fédération girondine croqué en despote ivre de pouvoir et d?ambitions politiques, l?auteur - presque débusqué, assure Jésus Veiga - dénonce une fédération devenue selon lui un tremplin politique, au détriment des intérêts cynégétiques. Dans la ligne de mire de cet « extrémiste cynégétique évincé du pouvoir de la fédération », Jésus Veiga dément, toujours dans un sourire, être téléguidé par le maire de Carcans Henri Sabarot. Elu, oui, mais pas politicien carriériste. S?il s?est engagé dans la vie municipale dès 1989 avec l?ancien maire du Porge, Claude Jaumouillé, c?est en réaction contre « un projet de résidence touristique et de golf sur le marais de Langouarde ». Plus tard, il s?est soigneusement tenu à l?écart du mouvement C.P.N.T. (chasse, pêche, nature et traditions), pour rester un scientifique « crédible », par exemple au sein de l?observatoire de la faune sauvage et de ses habitats (O.N.C.F.S.) *. En outre, il ne voit pas où pourrait se nicher le hiatus entre ses deux fonctions. Lorsqu?il entre dans son costume de maire, il ne laisse pas au vestiaire ses convictions de « chasseur naturaliste », ornithologue amateur formé dès l?enfance par un voisin de ses parents, Daniel Quirac. A ce grand-père adoptif, le jeune Jésus offrait ses yeux perçants ; le vieux chasseur aux pantes lui offrait ses précieuses connaissances et les astuces de braconnier.
Depuis qu?il y est entré en 1985, la fédération a beaucoup changé. Et avec elle, la pratique cynégétique et son image auprès du grand public. Une évolution due à un important investissement scientifique en direction du suivi et de la gestion de la faune. « On est passé, résume-t-il, d?une ère de chasse-cueillette où les chasseurs prélevaient le gibier sans souci de protection, à une ère de gestion raisonnée de la chasse. » Finalement, la seule différence entre le chasseur naturaliste et le bagueur de la L.P.O. (ligue de protection des oiseaux) serait la finalité de la capture.
Dans le même temps, les revendications du monde cynégétique sous forme de manifestations et d?opérations coup de poing ont montré leurs limites, estime Jésus Veiga, certain que les intérêts des chasseurs sont bien défendus avec une fédération puissante (même si les effectifs sont en baisse), acteur incontournable en Gironde sur les dossiers d?aménagement du territoire, avec des représentants au c?ur de la sphère politique. Au risque d?être pris dans l?engrenage de la carrière politique ? Si « l?efficacité est là » pour les chasseurs, alors pourquoi pas, juge en substance le directeur de la fédération. Tout est affaire d?équilibre. Ce fin connaisseur de la bécassine des marais, entre autres, le sait bien. Qui, après la fac de sciences à Bordeaux, a passé son doctorat en travaillant pour l?institut de biologie marine d?Arcachon, dans le cadre d?études portant sur les impacts de la centrale nucléaire du Blayais sur l?estuaire de la Gironde. Sa thèse portait sur sa majesté « Eurytemora affinis hirundoides », un copépode planctonique roi des eaux limoneuses de « la rivière ». Après avoir commis plusieurs ouvrages pour le moins spécialisés, seul ou non, après avoir été conseiller scientifique du trop méconnu O.M.P.O. (oiseaux migrateurs du Paléarc-tique occidental), il poursuit son travail scientifique d?ornithologue, y compris dans les marais de Talais où il a sa tonne, toujours sensible à « la charge émotionnelle que véhiculent les oiseaux », fidèle à l?école des chasseurs naturalistes.
* L?O.N.C.F.S. doit se muer en groupement d?experts sur la chasse et les oiseaux (G.E.C.O.) dans le cadre du Grenelle de l?environnement.
Le préfet de Gironde a jugé irrecevable en l?état le dossier du projet de terminal méthanier du
Verdon-sur-mer. 4Gas va devoir réécrire sa copie.
Ce n?est pas une victoire définitive, mais aujour-d?hui, les opposants au projet, rassemblés dans le collectif « Une Pointe pour tous », peuvent avoir le sourire. Francis Idrac, préfet de Gironde, a en effet déclaré « non recevable », en l?état, le dossier Pegaz au Verdon-sur-mer. Un avis motivé par les conclusions des services techniques et administratifs de la DRIRE (Direction régionale de l?industrie, de la recherche et de l?environnement), qui étudiaient de-puis trois mois l?ensemble des pièces déposées par 4Gas, le maître d?ouvrage néerlandais du projet, pour examiner leur conformité par rapport aux différents textes réglementant ce genre d?installations.
> Cette annonce, très importante quant aux enjeux du dossier, est arrivée de manière inattendue et quelque peu détournée. C?est en effet à l?Assemblée Nationale que le secrétaire d?Etat à l?Aménagement du territoire, Hubert Falco, a donné la nouvelle, mardi 2 décembre, dans la matinée, en répondant à une question orale posée par le député-maire UMP de Royan, Didier Quentin, qui l?interrogeait précisément sur l?état d?avancement des études administratives.
Pour lapidaire qu?elle soit, la réponse de Hubert Falco n?en est pas moins claire. « Après avoir fait examiner le dossier par ses services, dit le secrétaire d?Etat, le préfet de la Gironde a décidé de le déclarer irrecevable. L?entreprise devra donc compléter son dossier, lequel ne pourra être soumis à enquête publique que s?il est complet, c?est-à-dire s?il comprend tous les éléments d?appréciation nécessaires. » Autrement dit, 4Gas devra impérativement revoir sa copie s?il veut la voir à nouveau examinée par les services de l?Etat.
Le communiqué publié le lendemain par la préfecture de Gironde en dit un peu plus, évoquant des « insuffisances » dans le dossier, et pointant surtout du doigt le non respect des contraintes de la loi Littoral. « En ce qui concerne la demande de permis de construire, précise le communiqué, il est apparu que le projet prévoit des aménagements et l?installation d?une partie des bureaux dans la bande des 100 mètres, ce qui est incompatible avec le Schéma directeur d?aménagement et d?urbanisme (SDAU). »
> Ce que dénonçaient, dès le départ, certains opposants, en dehors même de tout débat sur l?utilité de créer un tel équipement à la pointe du Médoc, est bien confirmé par les services de l?Etat. Sauf que l?avis préfectoral semble motivé par un détail, un épiphénomène du dossier de fond, puisque c?est uniquement la présence de bureaux, de parkings et d?un réaménagement de la dune, destiné à cacher au maximum les cuves, dans la bande des 100 mètres qui va obliger 4Gas à retravailler son projet. La présence des cuves de stockage dans cette fameuse bande littorale n?est pas directement remise en cause. « Disons que nous avons rédigé tout un chapitre pour justifier la présence de ces cuves dans la bande des 100 mètres, explique le directeur de 4Gas France, Henk Jonkman, chapitre qui n?a pas été jugé assez complet par la préfecture. »
Cela n?a rien d?étonnant. La loi Littoral précise, en effet, que les activités économiques nécessitant la proximité immédiate de l?eau ne sont pas concernées par cette interdiction. En clair, et moyennant quelques justifications supplémentaires, ce serait oui à l?installation des cuves tout près de l?estuaire, s?il est prouvé que c?est indispensable au bon fonctionnement du terminal - ce qui limite, notamment, le risque de créer trop de longueurs de canalisations entre la zone d?appontage des méthaniers et la zone de stockage du gaz -, mais non aux bâtiments administratifs, qui n?ont pas besoin d?être à proximité immédiate de l?estuaire. Il suffira donc à 4Gas de reculer bureaux et parkings pour entrer dans les clous de loi.
On voit donc bien que le « non » préfectoral ne constitue en rien un arrêt définitif de la procédure, l?Etat ne livrant pas son avis sur le fond du dossier. Ce qui amène partisans et adversaires du projet à se déclarer plus que jamais mobilisés. Pegaz n?a pas fini de rôder au-dessus du Verdon.
Président du Grand Port Maritime de Bordeaux (ex P.A.B.), Dominique Sentagnes confirme tout son intérêt pour le développement de son antenne du Verdon. Il souhaite que le port méthanier soit le fer de lance de ce futur développement.
Le Journal du Médoc : Projet de port méthanier, plateforme Geovia, les projets d?aménagement de la pointe du Verdon semblent tous les deux englués dans des difficultés juridiques ou techniques, quel est votre sentiment ?
Dominique Sentagnes : Nous sommes bien décidés à valori-
ser nos terrains ! 1.500 hectares appartiennent au Grand Port Maritime de Bordeaux. Sur ces 1.500 hectares, il y en a 525 dédiés
à l?activité industrialo-portuaire. Nous avons de la place, de l?espace à offrir aux investisseurs ! Il nous faudra bien les trouver et les faire venir.
JdM : Le problème des infrastructures médocaines et, en particulier, celui de RD1215, semble récurrent, voire rédhibitoire?
D.S. : Ça ne date pas d?aujourd?hui. Il y a plus de quarante ans, Jacques Valade et Jean-François Pintat concevaient ensemble un plan chimie ambitieux. Il prévoyait d?utiliser à plein les qualités propres du port du Verdon, en eaux profondes, abrité des vents d?ouest, pour créer un grand complexe de chimie fine. La société Dow Chemical était très intéressée par le projet, jusqu?au jour où ses responsables sont venus survoler le site et les alentours. Devant la faiblesse des infrastructures, routières notamment, ils ont renoncé.
En 1976, le plan chimie étant passé aux oubliettes, le Verdon était réorienté vers le trafic des conteneurs. V.A.T. voyait le jour et demeure aujourd?hui la seule activité réelle sur le site, avec une hausse constante de son volume (+ 20 % cette année encore). La zone franche a vu le jour en 1999, sans succès pour l?instant. De toute manière, j?affirme notre attachement au développement du terminal de conteneurs. Cette volonté s?est manifestée concrètement par le fait que ce qui était encore le Port Autonome de Bordeaux s?est fait acquéreur de wagons de chemin de fer, ce qui n?est pas dans notre vocation première. Aidé par le Conseil général et par le Conseil régional, le PAB a pu maintenir et favoriser le transfert de marchandises. Cela étant, il n?existe toujours pas, en Gironde de plate-forme intermodale qui permettrait une gestion rationnelle des conteneurs, dans le respect de l?esprit du Grenelle de l?Environnement. Cette plate-forme intermodale, souhaitée également par l?aéroport, pourrait voir le jour si le grand contournement devenait réalité en prenant en compte les dessertes indispensables? On sait ce qu?il en est.
La nouvelle cheville ouvrière de l?aménagement de la zone du Verdon est, dans notre esprit, et très clairement, le terminal méthanier.
JdM : Comment êtes-vous arrivés à cette conclusion ?
D. S. : En posant d?abord le constat suivant. Depuis le milieu des années 80, nous savions que plus une société pétrolière n?investirait en Europe dans des unités de raffinage. Pas plus en Gironde qu?ailleurs. Nous savions aussi que dans le trafic portuaire, partout en France, 50 % serait assuré par les hydrocarbures et l?énergie. Il est sûr que, pour ce qui nous concerne, ce sont les produits énergétiques qui assureront notre croissance.
La disparition des raffineries de la région nous a conduits à nous tourner vers le gaz, qui présente l?avantage de pouvoir être acheminé par gazoduc par le moyen d?une radiale rejoignant l?artère de Guyenne. Le problème des infrastructures se trouve donc, par là même, contourné. Elf s?est d?abord intéressé à ce projet, mais Total, nouveau propriétaire d?Elf, a décidé en 2001 de ne pas donner suite.
Comme on le sait 4Gas a pris la suite et tient à ce projet, tout comme nous. L?avenir du Verdon, nous apparaît donc comme devoir se construire selon une stratégie cohérente : autour du terminal méthanier, du renforcement du terminal de conteneurs, appuyé par la plateforme Geovia, dont l?abandon ne me paraît pas définitif. Elle est simplement retardée. Geodis, l?opérateur final, est pressé et ne peut plus attendre, nous avons donc proposé la solution de Bassens, mais elle n?est pas, dans notre esprit, exclusive de la plateforme du Verdon. Les calendriers des travaux du terminal méthanier et de la plateforme logistique sur le Verdon étant quasi concomitants, il serait sans doute possible de résoudre au mieux les problèmes de mise en constructibilité des terrains concernés. Les deux projets sont différents, mais complémentaires.
JdM : Pas question, donc, pour le GPM de se désengager du Verdon ?
D.S. : Nous ne nous désengagerons pas de la pointe du Verdon. Notre intérêt pour ce site est constant. Pour preuve, si Port Médoc existe, c?est bel et bien parce que le PAB s?est dessaisi administrativement de 78 hectares de terrains qui lui appartenaient et qu?il a demandé à l?Etat de reprendre pour que le port de plaisance puisse voir le jour ! Le statut nouveau de Grand Port Maritime nous attribue par ailleurs un rôle d?aménageur et nous le remplirons.
JdM : Pour l?heure, un accord a été signé il y deux semaines entre les Grands Ports Maritimes et les organisations syndicales, en particulier avec la puissante fédération CGT des ports et docks. Quelles conséquences pour les employés du port de Bordeaux ?
D.S. : Cet accord est d?une extrême importance. Il reste maintenant à le traduire sur chaque site portuaire concerné, puisque c?est un accord cadre. Nous nous y employons. Il y a là un vrai défi. Nous avons défini un plan stratégique qui reprend point par point à la fois les termes de l?accord et ceux de la loi. Il sera soumis aux salariés via leurs représentants. Pour ce qui nous concerne, ce sont à peu près deux cents personnes qui seront visées par cet accord. La reprise des personnels grutiers, portiquiers, mécaniciens entre autres, par des opérateurs privés se fera conformément aux dispositions légales, selon les procédures d?appels d?offres rigoureuses.
JdM : Comment se porte le Grand Port Maritime de Bordeaux, économiquement ?
D.S. : Notre trafic sera cette année de 8 à 9 millions de tonnes, en hausse de 10%. L?idéal est, comme je vous l?ai dit, de trouver un équilibre harmonieux entre le vrac, les conteneurs et l?énergie.
Dans la recherche d?une solution concernant la gestion et la continuité du gardiennage sur le phare mythique de l?entrée de l?estuaire, le Smiddest* pourrait être une solution.
Le président de l?Association de sauvegarde du phare de Cordouan est rassuré. Depuis que l?Etat a annoncé qu?il ne prendrait plus en charge le financement du gardiennage du phare (lire encadré), Jean-Marie Calbet craignait pour le devenir de cette pièce maîtresse du patrimoine français ; quelque investisseur privé aurait pu s?engouffrer dans la brèche. Heureusement, les collectivités territoriales - conseils généraux de Gironde et Charente-Maritime, Régions Aquitaine et Poitou-Charentes - ont été réactives. Sur demande de la préfecture de Gironde, le Conservatoire du littoral a commandé une étude réalisée par Les Maîtres du Rêve (Aix-en-Provence) et l?Institut des milieux aquatiques (I.M.A.) de Bayonne. Outre un état des lieux patrimonial ainsi que de la faune et de la flore du plateau de Cordouan, le document présenté en préfecture le 10 octobre dernier fait des propositions que résume Jean-Marie Calbet : « Oui, il faut une présence humaine sur le phare pour éviter le vandalisme, avec le maintien de deux gardiens en permanence (donc quatre personnes pour assurer le roulement). L?étude économique se base sur les 25.000 visiteurs par an, tout en signalant quelques défaillances de notre association, notamment sur l?accueil au phare, ou encore le manque de sanitaires. Certains se sont émus que les sanitaires se déversent directement dans la mer? D?où l?idée d?une mini station d?épuration sur le phare. Une option a été présentée pour louer des chambres sur le phare. Il faudrait également améliorer le musée du phare de Cordouan à la Pointe de Grave, géré par notre association.
> Le chiffrage des travaux d?amélioration liée à la visite est de 900.000 ?, dont 150.000 ? pour le musée. « Il a été proposé d?augmenter le prix d?entrée : 6 ? par adulte (4 actuellement) et 3 ? pour les enfants (2 actuellement), poursuit Jean-Marie Calbet. Autre proposition : récolter 1,50 ? par passager par le biais d?une taxe sur les transporteurs de passagers. L?Etat, qui reste bien sûr propriétaire du phare, s?est engagé à financer le transport par bateau des gardiens tous les quinze jours. Au total, le complément de subventions est estimé à 153.000 ? par an pour équilibrer le budget de fonctionnement phare/musée. Concernant la gestion du phare, le mieux semble être un syndicat mixte dédié. »
A l?issue de la réunion en préfecture, Yves Lecaudey a pris la parole, mandaté par Philippe Madrelle, président du Conseil général, pour dire que le Syndicat mixte pour le développement durable de l'estuaire de la Gironde (Smiddest) est prêt à prendre cette gestion. Ce qui nécessiterait d?élargir la représentativité du syndicat mixte aux communautés de communes Pointe du Médoc et à la communauté d?agglomération de Royan. L?urgence actuelle pour ce syndicat mixte étant de trouver un nouveau président. Cumul des mandats oblige, Claude Belot, sénateur-maire de Jonzac, vient de démissionner de son poste de conseiller général et donc de président du Smiddest. Le député Philippe Plisson assure l?intérim
* Syndicat mixte pour le développement durable de l'estuaire de la Gironde.